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03 May 2010 @ 01:10 pm
vendre des livres sur internet : 7 conseils qui tuent  

7 conseils pour vendre plein de livres

ultimex disponible againAprès quelques années d’existence pour les éditions lapin et plusieurs succès et flops, je suis enfin à même de déterminer précisément si un livre va se vendre ou pas, et à combien d’exemplaires exactement. Ou presque. Enfin non. Mais un peu quand même.

Sur le livre lui-même, pas grand-chose à dire. De mon expérience, noir et blanc ou couleur, ça n’est pas déterminant : j’ai eu des flops en couleurs et des best-sellers en noir et blanc. L’aspect collection ? Il ne joue pas vraiment non plus, du moins pas à un niveau déterminant. Ce n’est pas parce qu’Ultimex marche très bien que Tonton Lapin va décoller, et même si les histoires et thématiques sont proches, le public reste souvent cantonné au livre qui l’a attiré chez nous. Il existe peu de porosité entre auteurs au sein d’une même collection.tonton lapin, par Phiip

Les facteurs

Le premier facteur déterminant, c’est l’implication de l’auteur dans la promotion de son livre. Alice a utilisé ses réseaux à fond, posté sur tous ses forums habituels, envoyé des livres aux gens qu’elle connaissait (pas forcément la presse ou le journalisme classique) récoltant des chroniques et des articles élogieux, et faisant de Fausse Maman notre gros succès de l’année.

Le second facteur, c’est l’existence d’un blog ou d'un webcomic. Que ce soit Alice avec Petite Soeur Chinoise, ou Gad avec le blog d’Ultimex , ces deux supports sont le creuset de toute promotion. L’effet plus du blog joue surtout si le blog existe avant le livre et a déjà trouvé son public, à l’inverse des blogs d’opportunité que créent certaines maisons d’édition à l’occasion de la sortie d’un livre. Chaque mise à jour rappelle au public l’existence de ce livre qu’il s’était juré d’acheter et génère des ventes (youhou !) dans la librairie lapin ou même désormais sur Amazon.

lapin 1, je suis un lapinAprès, c’est beaucoup moins évident. Les couvertures en noir et blanc ne sont pas forcément moins attractives (ex : les citations idiotes, qui marchent très bien). Mes amis libraires sont persuadés que plus c’est flashy, mieux c’est, mais les résultats ne confirment pas cette analyse. Rien de précis non plus sur le bon type de couleurs : le bleu marche une fois sur deux, le rouge obtient de bons résultats, le jaune aussi. Le vert caca d’oie ne marche pas terrible, le mauve et rose non plus, le gris idem.

Le sexe ne fait plus vendre : le gros zizi de lapin n’a pas généré des ventes phénoménales, pas plus que la jeune parisienne sur la couverture de plus fort que le fromage.

Le prix ? Un prix vraiment disproportionné a un impact (Plus Fort que le Fromage était vraiment trop cher) mais d’une façon générale, les gens sont prêts à payer cher si c’est la qualité ou qu’y’a plein de pages. Ceci dit, notre best-seller ultime reste Lapin 1, avec ses 19 euros (le prix faisant l’objet d’un running gag sur le forum lapin depuis 2005.Plus fort que le fromage

Et si c’est écrit gros ? Ben, ça peut faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Le petit livre des citations idiotes de ce crétin congénital qu’est Phiip, qui est écrit gros avec des images rigolotes, a toujours un gros succès en festival –moins en ligne hélas. Mais les gens hésitent toujours, certains se disent : « ouaiiis, 8 euros alors que c’est écrit tout gros ? C’est de l’arnaque ! » et les autres « cooool, c’est écrit super-gros, ça va pas me faire mal à la tête ! »

les citations idiotes, tome 1Alors, quelles leçons tirer de tout ça ? Attention les yeux, je vous livre gratuitement ces conseils que j’aurais pu écrire et vendre un livre super cher avec au lieu de vous les donner gratuitement.

le guide ultime de l’éditeur qui veut vendre des livres

  1. choisir des auteurs qui ont déjà des blogs, si possible à succès. Toujours vérifier leur Google Pagerank (moins de 3 ->poubelle)
  2. choisir des auteurs motivés à mort. Là, facile, vu les avances et les droits payés par les Editions Lapin, leur seule chance d’éviter la prostitution c’est de vendre un max de livres.
  3. Faire des couvertures flashy. Peu importe le contenu, seule la couleur compte : rouge vif, jaune vif, bleu vif, rose vif (bref, vous voyez l’idée). Même le vert caca d’oie ça peut marcher s’il est vif.
  4. Faire des livres chers en couleur avec plein de pages. Peut être couplé avec le conseil n°5.
  5. Faire des livres écrits gros. Tout le monde est content quand c’est écrit gros : les graphistes lapin qui ont moins de boulot, les lecteurs qui voient mieux, les myopes qui sentent comme on les comprend chez Lapin.
  6. Un contenu simple qui se lit sans effort. Bon, ça, c’est un peu la paraphrase de notre ligne éditoriale, en effet, il n’y a pas forcément de message derrière Tonton Lapin ou Ultimex dans la famille de Steve (à part : niquer c’est cool).
  7. Parce qu’une liste qui s’arrête à six, c’est ridicule.